Glad Amog Lemra

Glad Amog Lemra

Glad Amog Lemra is more than an artist, if that is ever possible. He is an artisan and a self-proclaimed one at that and rightfully too. He crafts the words around his tongue, his plume, the reel, so as never to compromise his spirit, his integrity. The emotional blackmail of an unjust political situation or of its partisans will not stop him from saying things as he thinks is right. He has a higher one to report to, although he continues to strive to make proud the people that he loves, respects and serves dutifully, in the various countries that have adopted him. His mistresses are justice, integrity and seeing situations beyond what they appear to be, beyond the scapegoats that the truly guilty sends to the front, hiding themselves behind sheep’s clothes.

It is only fair that he would soon be recognised for his talents with awards and honours for his writing and cinematographic releases. Inspired of his dreams for a better Congo, and the straightness of mind of his adoptive Burkina Faso, and the rebirth of Africa and its diaspora, he works relentlessly, speaking to shut the silences, denounce the hidden, celebrate beauty, encourage love and truth, all with depth and humour and a tiny dash of sarcasm.

An Author, a Director and a Poet, although this list is by no way exhaustive or restrictive of his capacities, he pushes the boundaries and some ways a few buttons too, no doubt, but it remains that Glad Amog Lemra is marking his generation in both his artistic and philosophical take on topical subjects, and the sensitivity and tact of his treatment of the more romantic and melancholic matters.

Glad Amog Lemra, l’artisan du verbe

Glad Amog Lemra, l’artisan du verbe

Glad Amog LEMRA est plus qu’un artiste, si cela est possible. Il est un artisan et s’auto-proclame ainsi, et ce, à juste titre. Il tisse les mots autour de sa langue, sa plume, sa bobine de film, afin de ne jamais compromettre ni son esprit, ni son intégrité. Ce n’est pas le chantage émotionnel d’une situation politique injuste ou de ses partisans qui l’empêchera de dire ce qu’il pense être juste. Il fait son compte rendu à un niveau supérieur, bien qu’il continue de chercher à rendre fier son peuple qu’il aime, respecte et sert consciencieusement, dans les différents pays qui l’ont adoptés. Ses maîtresses sont la justice, l’intégrité et voir les situations au-delà de ce qu’elles semblent être, au-delà des boucs émissaires que le vrai coupable envoie à l’avant, se cachant, ce coupable-même derrière les vêtements d’une brebis.

Il est donc juste qu’il fut bientôt être reconnu pour ses talents avec des prix et honneurs à l’appui pour son écriture et ses efforts cinématographiques. Inspiré par ses rêves pour un meilleur Congo, et la rectitude d’esprit de son adoptif Burkina Faso, et sa croyance dans la renaissance de l’Afrique et de sa diaspora, il travaille sans relâche, parlant pour faire taire les silences, dénoncer ce qui est caché, célébrer la beauté, encourager l’amour et la vérité, traitant chaque sujet de manière égale, avec profondeur, humour et un petit soupçon de sarcasme.

Un auteur, un metteur en scène et un poète, bien que cette liste soit loin d’être exhaustive ou restrictive quant à ses capacités artistiques, il pousse les limites et quelque part aussi, dans ses façons, certains boutons sans aucun doute, mais il reste que Glad Amog LEMRA est marquant dans sa génération, à la fois pour son point de vue artistique et philosophique sur des sujets d’actualité, sa sensibilité et le tact de son traitement des questions les plus mélancholiques ou romantiques.

Entre Le Marteau Et l’Enclume – Glad Amog Lemra

Entre Le Marteau Et l’Enclume – Glad Amog Lemra

Glad est réalisateur et poète « originaire d’un pays d’Afrique » comme il aime à se présenter. Mais de source sûre je sais que c’est un enfant de la mer.
Originaire de Pointe-Noire (capitale économique du Congo-Brazzaville), il fait désormais partie du fleuron des réalisateurs du Congo comme en témoignent ses différents prix et distinctions.

Je ne connaissais que l’univers du poète « à fleur de maux » comme j’aime à l’appeler amicalement et ce film était l’occasion de découvrir son traitement de la société à l’image.

Entre Le Marteau et l'Enclume - Glad Amog Lemra

Alors de quoi parle ce film? Il nous raconte des destins croisés. Il raconte également l’histoire de Brazzaville aujourd’hui, la capitale d’un pays d’Afrique centrale dans les années 2000 qui essaie de faire face à ses maux sociaux en offrant un visage rayonnant malgré tout.

C’est l’histoire du Grand Patron concupiscent Pascal qui a des vues sur sa secrétaire particulière. Rien de nouveau sous nos soleils pour l’instant.
Pascal est un directeur, « un big boss » d’une société qui mène grand train : voiture de luxe, villa somptueuse qui a ses habitudes dans les grands hôtels de la place. Glad force le trait avec beaucoup d’humour.

Le film s’ouvre sur le rendez-vous « galant » de Pascal justement avec une femme dans son « bloc opératoire », comme il le désigne avec le sourire aux lèvres. Un homme riche qui assouvit ses moindres désirs… ritournelle éculée certes mais très bien amenée.

Pascal est le personnage vers lequel convergera les différents destins des petites gens de cette capitale. En effet il à droit de vie, de cuissage, d’humiliation mais aussi de mort sur tous, à la force du billet de FCFA.

On peut ainsi suivre le parcours de Thomas le débonnaire amoureux, vendeur de poulet frits dans les marchés nocturnes de Brazzaville, qui deviendra homme à tout faire de Pascal.

Mais on peut aussi suivre le chemin de l’employé modèle licencié par Pascal pour pouvoir assouvir son instinct prédateur sur la femme de celui-ci qui n’est autre que sa secrétaire particulière.

On peut encore suivre celui de Trésor, éventuel futur beau-père de Pascal. Trésor, ce personnage drôle et volubile, qui ne manque jamais de condamner son sort et son pays à chaque coupure d’électricité, est chômeur et passe sa vie à emprunter de l’argent pour payer une bière ou se trouver une épaule chaude pendant que sa femme passe le clair de son temps dans une de ces églises de réveil qui poussent dans tous les coins de rues.

Le tableau dressé par Glad est complet, plein d’humour et avec des plans qui nous font voyager à Brazzaville… cette ville qui respire à pleins poumons… cette ville qui doit faire avec les émanations les plus nuisibles de la société, les nuages de contradictions, sans perdre son oxygène d’espoir.

Glad Amog Lemra filme donc l’insolence et l’impunité de ceux qui travaillent au centre-ville, occupants des “grands” postes, contre la vivacité, l’inventivité des quartiers pauvres mais aussi l’indolence de certains brazzavillois qui se complaisent dans le système même qu’ils dénoncent. Le film échappe ainsi à un traitement stéréotypé.

Je salue le casting car les acteurs campent leur rôle avec justesse.

Un personnage nous marque particulièrement par sa présence et son jeu comique. C’est Clauvice Ngoubili qui joue le rôle de Trésor le fainéant.
Il y aurait aussi beaucoup à dire sur celui qui joue le rôle du pasteur peu scrupuleux aux allures de dandy.

Un scénario qui tient la route et des histoires qui s’emboîtent de manière crédible dans ce film choral.

Où retrouve t-on le poète?

On retrouve la poésie de Glad dans sa manière de filmer certaines scènes.

La scène d’amour notamment du mari ivre sur la canapé, filmée sans vulgarité, la défloraison de cette jeune fille illustrée par un homme qui mange goulument, les yeux exorbités, cette papaye écarlate ou encore le débarquement qui ouvre le film contre l’embarcation qui le clos.

Une mention spéciale va à la toute première scène du film : des enfants qui regardent devant eux… scène que le téléspectateur ne comprend pas d’emblée. Cette même scène clôture le film sauf qu’entre temps nous avons compris que ces jeunes regardent ce triste spectacle dans un de ces cinémas de fortunes … Ces jeunes regardent, impuissants… des spectateurs, justement… un clin d’œil à la jeunesse.

Drôle et tragique. A voir!!!